Indécise sur le choix de ses études à 17 ans, Sophie savait toutefois ce qu’elle aimait faire dans la vie : créer. Mais elle n’était pas très douée de ses mains alors, elle choisit l’école de commerce, un parcours généraliste qui lui ouvre plus de possibilités de carrière que des études de médecine ou d’avocat qu’elle a aussi vaguement envisagées. « J’ai baigné très tôt dans l’univers du commerce et de la création d’entreprise : mon père était banquier et conseillait des entreprises de toutes tailles. Je pense que cela a aussi dû influencer ma décision et finalement le parcours professionnel que j’ai réalisé par la suite », explique-t-elle. « Parallèlement, j’étais très attirée par les marques et l’idée de donner naissance à ma marque, à un logo, à un univers, à une histoire… m’intéressait aussi. J’y trouvais un côté presque ludique ». A la fin de ses études, Sophie est recrutée par un grand groupe de la grande consommation, qu’elle quitte au bout de six ans.

Être mère : une révélation qui change tout

Dès sa première année d’études, Sophie a en effet rencontré celui qui va devenir son mari et qui, comme elle, fait carrière dans le marketing. Ensemble, ils vont de pays en pays au gré des missions que leurs sociétés respectives leur confient : Espagne, Lettonie, Turquie… « C’est en Lettonie que j’ai essayé de lancer ma première affaire », se rappelle-t-elle. « Je n’étais plus très satisfaite du poste qu’on m’avait proposé alors en parallèle, avec l’aide de l’ambassade française, j’ai travaillé sur le lancement d’un café culturel français… qui n’a jamais vu le jour. C’est aussi à ce moment-là que j’ai eu mon premier enfant et que tout a basculé ».Aujourd’hui âgée de 42 ans, Sophie a cinq enfants. Elle en aurait même bien eu un sixième si cela avait été possible. « Le premier a été une révélation », explique-t-elle. « Il n’était plus question pour moi de sacrifier ma vie de mère pour des réunions et autres carrières qui prendraient le pas sur le temps et l’énergie que je veux consacrer à mes enfants. J’ai donc quitté mon emploi. Pour autant, je souhaitais une activité professionnelle ». Sophie lance alors Budhi Budha, une marque de vêtements intelligents pour enfants inspirés de sa propre expérience de mère. Et, contrairement au café culturel, cette seconde affaire va d’autant mieux fonctionner que Sophie décide de commercialiser ses produits sur Amazon. « À l’époque, c’était plutôt innovant. J’avais besoin d’espace pour expliquer ma marque et raconter son histoire, explique-t-elle. Sur Amazon, c’était possible et peu couteux en comparaison à la distribution physique classique. J’étais de plus consciente du potentiel offert par la concentration trafic sur cette place de marché ».

“« Vouloir, c’est pouvoir. J’en suis persuadée même si ce n’est pas toujours facile et que l’on encaisse parfois des échecs. Il faut persévérer. C’est la recette pour vivre une vie de femme pleinement épanouie ».”
Sophie Laporte - Co-fondatrice d'Un Air d'Antan

Une femme pleinement épanouie

Non contente d’être à la tête d’une entreprise en pleine expansion, Sophie continue à faire des enfants et se lance un nouveau défi en créant un Air d’Antan, une marque de produits cosmétiques « rétro français ». « Avec Air d’Antan, on ne joue plus dans la même catégorie », précise-t-elle. « Il s’agit d’un projet commun avec mon mari et l’idée de lancer des parfums empreints de nostalgie vient de lui : il adore le vintage ! Là encore, Amazon a joué un rôle déterminant dans l’ampleur prise par le projet. Aujourd’hui, nous vendons partout dans le monde ». Côté organisation, Sophie s’est entourée pour faire face à toutes ses activités. Elle a aussi fait de sa maison le centre névralgique de sa vie. « Je ne conçois pas de perdre du temps en transports ou encore de ne pas être là quand mes enfants rentrent de l’école. Alors j’ai installé mes bureaux à la maison et j’organise ma vie en fonction de ma petite tribu ». Son secret ? « Vouloir, c’est pouvoir. J’en suis persuadée même si ce n’est pas toujours facile et que l’on encaisse parfois des échecs. Il faut persévérer. C’est la recette qui a fonctionné pour moi et qui m’a permis de trouver le bon équilibre entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Autrement dit, de m’épanouir en tant que femme, mère, épouse et entrepreneuse. Pourquoi sacrifier l’un au profit de l’autre quand on peut tout avoir ? »