Nous sommes à quelques kilomètres de Douai, dans un entrepôt Amazon abritant environ 600 employés. Parmi eux, se trouvent Karine Maunier, senior manager arrivée sur le site en 2014, et Domitille Ehkirch, jeune manager ayant deux mois d’expérience au sein de l’entreprise.

“À l’avenir, nous verrons de plus en plus de femmes aux postes de chef d’équipe, de manager, et même de manager de manager.”
Karine Maunier

Domitille : « Karine, peux-tu me raconter ton parcours professionnel ? »

Karine : « Je suis arrivée chez Amazon en 2014, sur un poste d’Operation manager dans le centre de distribution de Lauwin Planque. Je suis maintenant Senior en Inbound, c’est-à-dire que je m’occupe de la logistique des produits rentrants sur le site. Auparavant, j’ai passé plus de douze ans dans l’industrie automobile à différents postes, mais j’ai principalement exercé dans le domaine des opérations et du support à la fabrication, toujours en logistique. Cela fait de moi un pur produit logistique ! »

Domitille : « Est-ce que quelqu’un t’a influencée dans ta carrière ? »

Karine : « La personne qui m’a le plus influencée est mon premier chef. Il m’a laissé une marge de manœuvre importante et m’a accompagnée sur les premières étapes de ma vie professionnelle. »

Domitille : « Quel conseil donnerais-tu à une jeune femme comme moi, qui débute sa carrière en tant que manager « ?

Karine : « Je dirais qu’il faut bien faire la différence entre ce que tu es, c’est-à-dire ta personne, et ce que tu représentes dans le monde de l’entreprise, c’est-à-dire une fonction.

Domitille : Quel est le résultat dont tu es la plus fière dans ton parcours professionnel ? »

Karine : « C’est d’avoir accompagné des hommes et des femmes dans leurs carrières, d’avoir provoqué des évolutions dans leurs parcours, dans leurs façons de manager les collaborateurs, et d’avoir obtenu des résultats, que ce soit au travers de promotions, ou de gens qui ont évolué vers d’autres fonctions. »

Domitille : « Comment vois-tu l’avenir des femmes dans l’environnement des centres de distribution, où les métiers sont quand même originellement considérés comme étant plus « masculins » ? »

Karine : « Sur ces dernières années, je vois beaucoup de femmes se présenter aux entretiens de recrutement. Il y en a de plus en plus qui souhaitent aller vers des postes à responsabilité. Amazon leur permet d’accomplir ces parcours professionnels au même titre qu’un homme. À l’avenir, nous verrons de plus en plus de femmes aux postes de chef d’équipe, de manager, et même de manager de manager. Le train est en marche ! »

Karine : « Et toi Domitille, quelles sont tes ambitions ? »

Domitille : « Pour l’anecdote, quand j’ai été recrutée, j’étais finalement assez surprise d’être engagée sur ce poste. Pour moi, c’était un gros challenge parce que je n’avais pas d’expérience en logistique. Amazon m’a donné l’opportunité de pouvoir le faire en plaçant 70 personnes sous ma responsabilité alors que je débutais. C’est énorme ! Quand j’explique cela à mon entourage, on ne me croit pas. C’est une grande marque de confiance et c’est ce qui m’a motivée dès le départ. »

Domitille : « En parlant d’ambitions, où en es-tu aujourd’hui, Karine ? »

Karine : « En fait, je n’ai jamais pensé à l’étape d’après. À chaque fois que j’ai pris un nouveau poste, je me suis concentrée sur le présent. Je pense qu’ensuite, lorsque tu réussis dans ce que tu fais, les opportunités se présentent. À toi de les saisir ou de les déclencher et d’exprimer clairement ta volonté de faire autre chose. »

Domitille : « Dans ta vie, y a-t-il une femme qui t’a inspirée et apporté quelque chose de spécial ? »

Karine : « J’ai rencontré une femme qui animait un séminaire sur le leadership au féminin durant lequel nous avons beaucoup échangé. Elle faisait du coaching de cadres dirigeants femmes, et m’a fait comprendre qu’il fallait bien faire la différence entre la fonction et la personne. Je m’en sers actuellement dans les coachings et le développement de mes managers. Je souhaite leur apprendre à gérer les situations où, même involontairement, on va les replacer à leur condition féminine, alors que ce n’est pas le sujet. On peut se permettre de repositionner certaines choses, de dire que l’on est là pour travailler, et qu’il peut y avoir certains propos qui n’ont rien à faire dans cet environnement-là. »